Article complet publié sur businessnews.com.tn
De mal en pis. Le gouvernement d’union nationale vient à peine d’être annoncé que l’Union générale des travailleurs de Tunisie a décidé de retirer trois de ses membres du gouvernement, fragilisant ainsi tout le pays. Pire, il envoie ses troupes manifester dans la rue et ses syndicalistes exclure des PDG de leur poste.
Les conséquences sont immédiates : grogne quasi générale, doute et début de ras-le-bol. Il faut que le pays redémarre, car la réalité économique rattrapera tout le monde. La fin du mois, les Tunisiens vont avoir besoin de leurs salaires pour vivre et rembourser leurs crédits. Mais si la situation économique s’empire, c’est les problèmes de trésorerie qui guette les patrons et le chômage qui attend les employés.
Fitch Rating a placé aujourd’hui sept banques tunisiennes sous surveillance négative. Le type d’information qui n’intéressait pas « Monsieur tout le monde », mais qui ne laissait insensible aucun chef d’entreprise, aucun banquier, aucun politique. Mais puisque, ces jours-ci, l’écrasante majorité des Tunisiens s’intéressent (enfin !) à la chose politique, ils deviennent conscients qu’un pareil communiqué de Fitch Rating est un carton rouge pour tout le pays.
Concrètement, ces sept banques ne pourront plus avoir les mêmes facilités qu’auparavant pour obtenir des financements. Ces crédits deviendront plus chers et cela aura un impact automatique négatif sur « Monsieur tout le monde ».
Mais comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, cette journée du mardi 18 janvier 2011 a annoncé que la Libye aurait interdit toute importation des produits fabriqués en Tunisie.
Concrètement, nos usines (dont une partie a été incendiée) ont perdu un grand nombre de clients libyens. N’ayant plus ces clients, elles seront acculées, à terme, à licencier leur personnel pour chômage technique.
Ajoutons à tout cela les pertes de trois milliards de dinars dont a parlé lundi le ministre de l’Intérieur, la suspension de l’activité touristique et para-touristique (et ce pour quelques mois au meilleur des cas) et le tableau devient noir.
Et n’oublions pas, tant qu’on y est, les problèmes des usines et des entreprises qui sont moins productives suite au nombre d’heures de travail réduit ou encore des centres d’appel qui sont acculés au chômage technique à cause du couvre-feu. Certaines entreprises, liées à ces centres d’appel, ont même lancé des avertissements de délocaliser leurs activités, si cette situation perdure.
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